mardi 28 juin 2016

V comme... Antoinette Françoise VADON

Aujourd'hui, avec un peu de retard, retour à mes ancêtres du côté paternel, avec la famille VADON et plus particulièrement Antoinette Françoise, la mère de la fameuse Claudine MAMESSIER dont je n'arrive pas à localiser le décès


Antoinette François VADON naquit le 12 mai 1777 à Maizilly dans la Loire. Elle était la fille aînée d'André VADON, laboureur, et de Jeanne VERNAY. Le couple eut encore 2 enfants, avant le décès de Jeanne en 1781 : Antoinette Françoise n'avait pas encore 5 ans.

Localisation de Maizilly, Google Maps


Comme d'habitude dans ces cas-là, son père se remaria. Sa nouvelle épouse lui donna encore 4 enfants mais il ne connut pas sa dernière fille qui naquit 2 mois après le décès de son père. C'est Antoinette Françoise, âgée de 12 ans, qui en fut la marraine, et qui lui transmit logiquement ses prénoms. Il y a donc deux Antoinette Françoise dans cette fratrie dont voici le détail :

André VADON, laboureur (°04/06/1750 Maizilly / +12/07/1789 Maizilly)
x1 06/02/1776 Saint-Julien-de-Jonzy avec Jeanne VERNAY (°17/03/1754 Mailly / +05/12/1781 Maizilly) d'où :
  1. Antoinette Françoise VADON (°12/05/1777 Maizilly / +17/04/1809 Saint-Denis-de-Cabanne) x31/01/1791 Maizilly avec Benoit MAMESSIER (°24/03/1767 Maizilly / +30/03/1823  Colombier-en-Brionnais). Ce sont mes ancêtres.
  2. Marie Magdeleine VADON (°14/03/1779 Maizilly / +14/03/1829 Saint-Denis-de-Cabanne)  x20/12/1793 Maizilly avec Claude Philibert DELOMIER
  3. Anne VADON (°11/10/1780 - Maizilly / +25/11/1787 Maizilly)
x2 25/02/1783 Saint-Igny-de-Roche avec Claudine DEVERCHERE d'où :
  1. Antoine VADON (°04/01/1784 Maizilly / +11/01/1784 Maizilly)
  2. Jean Marie VADON (°03/04/1785 Maizilly /  +22/05/1855 Roanne)  x12/02/1811 Le Perreux avec Claudine DECHALAND
  3. Pierre VADON (°29/08/1787 Maizilly / +21/09/1791 Maizilly)
  4. Antoinette Françoise VADON (°18/09/1789 Maizilly / +02/03/1871 Chauffailles)  x04/08/1809 Maizilly avec Etienne GLATARD
Comme on peut le voir ci-dessus, "mon" Antoinette Françoise se maria très jeune, puisqu'elle n'avait pas encore 14 ans lors de son mariage avec Benoit MAMESSIER le 31 janvier 1791. Ses parents étant décédés tous les deux, c'est son grand-père paternel Antoine VADON qui donna son consentement au mariage.

Le couple attendit près de 3 ans la naissance de leur premier enfant, puis les bébés se suivirent à un rythme impressionnant, pour arriver au nombre de 12 enfants dont des jumelles :

  1. Jeanne Marie MAMESSIER (°10 pluviôse an II Maizilly)
  2. François MAMESSIER (°17 thermidor an III Maizilly / +4 fructidor an III Maizilly)
  3. Jeanne MAMESSIER Jeanne (°2 pluviôse an V Maizilly)
  4. Jean Marie MAMESSIER (5 nivôse an VI Maizilly)
  5. Jeanne Marie MAMESSIER (° vers 1799 / +19/03/1809 Saint-Denis-de-Cabanne)
  6. Claudine MAMESSIER (°1 pluviôse an VII Maizilly / + entre 1862 et 1892 lieu inconnu) x  13/02/1817 Colombier-en-Brionnais avec Jacques COMTE (° 29 thermidor an V Colombier-en-Brionnais / +09/11/1862 Colombier-en-Brionnais)
  7. Jean MAMESSIER (°2 jour comp. an VIII Maizilly / +3 jour comp. an VIII Maizilly)
  8. Marie Magdelaine MAMESSIER (°25 prairial an X Maizilly / +4 nivôse an XIV Maizilly)
  9. Marie MAMESSIER (°29 thermidor an XII Maizilly / +14 fructidor an XII Maizilly)
  10. Antoinette MAMESSIER (°30/03/1807 Maizilly / +30/03/1807 - Maizilly)
  11. Jeanne Claudine MAMESSIER Jeanne Claudine (°30/03/1807 Maizilly / +31/03/1807 Maizilly)
  12. Jean Marie MAMESSIER  (°13/02/1809 Saint-Denis-de-Cabanne)
Parmi ces 12 enfants, au moins 7 sont décédés en bas-âge.

Antoinette Françoise, mourut le 17 avril 1809, deux mois après la naissance de son dernier enfant, et un mois après le décès d'une de ses filles. Elle n'avait que 32 ans (même si son acte de décès indique 36).

Son mari lui survécut 14 ans, et il mourut en 1823 à Colombier où s'était établie sa fille Claudine.


Pour l'anecdote...
Maizilly est situé dans la zone que les généalogistes étudiant ce secteur appellent le "triangle infernal". Nos aïeux passaient facilement d'un village à un autre, mais pour le chercheur d'ancêtres, cela signifie passer d'un dépôt d'archives départemental à un autre, ce qui est nettement moins facile... Heureusement qu'il y a maintenant les registres en ligne !

Sources :
Archives Départementales de la Loire, du Rhône et de la Saône et Loire
Geneanet, arbre en ligne de Fabien DELANGLE, http://gw.geneanet.org/fabdel

vendredi 24 juin 2016

U comme... Un jour un poilu, ça continue !

Aujourd'hui, retour sur le défi d'indexation collaborative "Un Jour un poilu" lancé par Jean-Michel GILOT en novembre 2013.


Je ne fais pas très original puisque Un jour un poilu était déjà le thème de ma lettre U l'an dernier. Mais je trouve que ce projet d'indexation est important et qu'il mérite toute la publicité possible.

De quoi s'agit-il ? Simplement d'indexer chaque jour une fiche des morts pour la France de 14-18 sur le site Mémoire des Hommes, avec l'objectif que toutes les fiches soient indexées au moment du centenaire de la fin de la guerre le 11 novembre 2018. 

Indexer, c'est noter toutes les informations que l'on trouve sur la fiche dans une vingtaine de champs standardisés comme l'unité et le grade du militaire, son lieu de naissance, sa date et son lieu de décès....

Une fois les fiches indexées, il sera possible de faire des recherches croisées sur ces critères sur l'ensemble de la base de données.

C'est Jean-Michel GILOT qui est l'instigateur de ce défi. Petit à petit, le bouche à oreille a fait son effet, et aujourd'hui plus de 593 000 fiches ont été indexées environ 1 300 000 fiches au total.



Jean-Michel trouve régulièrement de nouvelles idées pour motiver les troupes, comme le défi dans le défi 11 jours pour le 11 novembre. De plus, un certain nombre de personnes ne se limitent pas à 1 fiche par jour : certains indexent l'ensemble des morts pour la France d'une commune en partant des livres d'or ou des monuments aux morts, d'autres indexent tous ceux nés 100 ans plus tôt dans un périmètre géographique donné...

A mon petit niveau, après avoir indexés les jumeaux astraux de mon arrière-grand-père Albert PRUDHOMME, j'ai continué avec les morts pour la France de Montmelard et Lamure-sur-Azergues, lieux de vie de certains de mes ancêtres, ceux de Martel et Turenne où je suis allé plusieurs fois en vacances, et depuis quelques temps des natifs du Bas-Rhin où je vis.

J'avoue que du mal à indexer régulièrement, et je travaille plutôt par à-ccoup, mais au final, c'est le résultat qui compte.

Tout ça pour dire qu'indexer est à la portée de tous, ce n'est pas réservé aux généalogistes. Une simple inscription sur le site Mémoire des Hommes, et c'est parti.

Et si vous releviez le défi ?


jeudi 23 juin 2016

T comme... Trouvé, enfin !

Eugène Emile PREAUX a enfin été retrouvé. Et c'est grâce aux recherches de mon épouse, son arrière-arrière-petite-fille que nous y sommes arrivés.


Cela fait plusieurs années que je recherchais ce qu'était devenu Emile Eugène PREAUX après son divorce d'avec Maria Alphonsine ROBERT en 1912.

Quand mon épouse a lu l'article Q comme... Questions sans réponse il y a quelques jours, et qu'elle a vu que j'y parlais à nouveau de son arrière-arrière-grand-père disparu sans laisser de trace, elle s'est lancée dans une enquête acharnée sur Google.

Et elle a trouvé quelque chose sur le site de Guy MARCHAL[1] concernant les bagnards de Guyane. Dans la liste des bagnards, on trouve un Eugène Emile PREAU condamné en 1906. Mais est-ce bien l'ancêtre que nous recherchons ?

Je suis allé vérifier sur le site des Archives Nationales d'Outre-Mer, mais le dossier n'est pas communicable car la condamnation date de moins de 120 ans. Il est possible de demander des informations complémentaires aux archives, mais avant de le faire, j'ai voulu revérifier ce que je savais.

Eugène Emile PREAUX est né en 1874 à Sermaize-les-Bains dans la Marne. Il épousa Maria Alphonsine ROBERT en 1898 à Montiers-sur-Saulx dans la Meuse, où naquirent leurs deux fils Jean Moïse et André Henri Léon.
Le mariage se solda par un divorce en 1912, et la famille n'eut plus de nouvelle d'Eugène.

Après la rédaction de mon article il y a deux ans, j'avais obtenu la transcription du jugement de divorce, mais je n'avais fait que le survoler. Il contient pourtant deux informations très intéressantes : il indique que le couple a eu 4 enfants, donc deux de plus que ceux que nous connaissions déjà, et que le domicile des époux au moment du divorce était la commune de Suzannecourt en Haute-Marne.

Je suis donc allé consulter les recensements de population sur le site des archives et sur le recensement de 1906 à Suzannecourt, j'ai bien trouvé le couple avec ses 4 enfants, dont deux filles, Reine et Marie, née respectivement en 1902 à Joinville et 1904 à Suzannecourt.


Recensement de Population de Suzannecourt, 1906 [2]

Une condamnation au bagne en 1906 est donc compatible avec ce schéma familial, l'époux étant considéré comme sans adresse connue en 1912 au moment du divorce.


Pour en avoir la certitude, j'ai envoyé aujourd'hui un mail aux ANOM afin de leur demander de vérifier au moins l'état civil du bagnard.


Et puis, par acquis de conscience, je suis retourné sur le site des archives de la Marne, département de naissance d'Eugène, pour vérifier si les fiches matricules avaient été mises en ligne depuis mon dernier passage (il y a deux ans...) Et bien oui ! Mieux encore : les fiches sont indexées, et j'ai donc retrouvé celle d'Eugène Emile en quelques secondes.


Fiche matricule d'Emile Eugène PREAUX 1894 [3]

Cette fiche est très riche. Tout d'abord, on y trouve une longue liste d'adresses successives :
  • 1896 : Saint-Dizier puis Osne-Le-Val
  • 1897 : Montiers
  • 1900 : Joinville
  • 1902 : Suzannecourt
  • 1909-1910 : Nancy
  • 1912 : Troyes (au moment où le divorce est prononcé)
  • 1914-1915 : Paris 15ème
  • 1922 : Paris 11èmes

Au niveau de son parcours militaire, on peut voir que pendant la première guerre mondiale, il a été détaché dans plusieurs entreprises où il a continué à exercer son métier de mouleur en fonte : Renault à Billancourt, les fonderies de Foug, les Forges et Aciéries de Firminy, le dépôt métallurgiste de Nantes, Fonderie de la Montjoie à La Plaine Saint-Denis, Fonderie Aluminium à Paris.

J'ai donc épluché les tables décennales des décès à Paris vers 1922. Je n'ai rien trouvé dans le 11ème arrondissement, lieu de sa dernière adresse connue, mais c'est dans le 20ème arrondissement que son décès a été enregistré le 11 août 1932.


Extrait des TD de décès de Paris 20ème 1823-1932 [4]

Je viens de demander une copie de l'acte pour en avoir la confirmation définitive.

Emile Eugène PREAUX était un ancêtre sacrément voyageur !

Sources
[1] Histoire du Bagne de Guyane, Site Internet de Guy MARCHAL, http://gmarchal.free.fr/Le%20Bagne%20de%20Guyane/Histoire%20du%20Bagne%20de%20Guyane.htm
[2]Recensement de population, Archives Départementales de la Haute-Marne(AD52), http://archives.haute-marne.fr/img-viewer/FRAD052_158M484_14/viewer.html
Suzannecourt 1906 158M484 vue 4
[3] Fiche matricule d'Emile Eugène PREAUX, Archives Départementales de la Marne (AD51), http://archives.marne.fr/ark:/86869/a011457077514gSzFuS/1/109?fileindex=registres_matricules/1R1193/FRAD051_1R1193_0109.jpg&id_index=anonymous_0_0_100000_100000&show_index=1&index_in_visu= , Bureau de Châlons-sur-Marne, 1R1193
[4] Tables Décennales des Décès, http://canadp-archivesenligne.paris.fr/archives_etat_civil/1860_1902_tables_decennales/td_visu_img.php?registre=V11E_0732&type=TD&vue_tranche_debut=AD075TD_V11E_0732_0123&vue_tranche_fin=AD075TD_V11E_0732_0135&ref_histo=21863&cote=V11E%20732, Paris 20ème arrondissement, 1923-1932

mercredi 22 juin 2016

S comme... Mario SCHIEVEN de Spresiano

Changeons un peu de destination et de branche. Je vous propose aujourd'hui de retrouver les ancêtres de mon épouse, plus particulièrement son arrière-grand-père Mario Schieven.


Mario SCHIEVEN est né le 24 mars 1902 à Spresiano en Italie dans la région de Trévise, à une vingtaine de kilomètres de Venise. Il était le fils de Doménico SCHIEVEN et de Régina BALDASSO.

A l'heure actuelle, les registres de cette province n'étant pas disponibles en ligne, je n'ai pas d'autre information sur son ascendance.


Carte des environs de Spresiano, Google Maps [1]

Vers 1920, Mario arriva dans le Nord de la France où il vivait déjà un de ses frères, et il commença à travailler dans la construction de lignes de chemin de fer.

Quelques années plus tard, il travailla dans le Tarn-et-Garonne, dans les environs de Montauban. C'est là qu'il rencontra et épousa Alice LAFARGUE en 1927 à Puygaillard-de-Quercy. D'après l'acte de mariage, Mario était chef d'équipe au chemin de fer, et son père était déjà décédé[2].

Après la naissance de leur fille ainée (la grand-mère de mon épouse) en 1928 à Saint-Sulpice dans le Tarn, le couple vint s'établir en Algérie où Mario participa à la construction de la ligne Alger-Constantine. Il y fut d'abord surveillant de travaux puis chef de chantier.


C'est en Algérie qu'Alice donna naissance à 3 autres enfants en 1932, 1934 et 1939. 

Après l'Algérie, la carrière de Mario continua au Maroc avec la ligne Méditerranée-Niger. C'est au Maroc en 1949 que naquit la dernière fille du couple, Marie France, mais elle ne vécut malheureusement que quelques mois.


C'est à la même époque que les grands-parents de mon épouse se rencontrèrent à Bouarfa au Maroc. Ils y vécurent quelques années avant de s'installer à Strasbourg, mais ça c'est une autre histoire.

Alice mourut le 23 octobre 1958 à Oujda. Rapatrié du Maroc, Mario vint vivre en 1960 chez sa fille à Strasbourg pendant 2 ans, puis il s'installa définitivement dans sa maison de Bioule dans le Tarn-et-Garonne.

Il y vécut une quinzaine d'années et décéda à Montauban en 1977.

Pour l'anecdote...
Alice, née française en 1908 à Puygaillard-de-Quercy, perdit sa nationalité française du fait de son mariage avec Mario. En effet, à l'époque, la femme prenait automatiquement la nationalité de son mari. Elle ne fut réintroduite dans la nationalité française que quand son mari fut naturalisé français.

Ces jours-ci, en essayant de remettre la main sur l'arrêté de naturalisation de Mario sur Gallica, je suis tombé sur des articles de l'Echo d'Alger le concernant. Plusieurs d'entre eux faisaient état de résulats de concours de pétanque, dont Mario était un habitué, mais deux entrefilets ont retenu mon attention : ils annonçaient la naissance de deux fils du couple. Nous connaissions déjà celui né de 1939, mais il s'avère que Mario et Alice ont eu également un fils, Pierre, en 1936[3]. Sans doute est-il décédé en bas âge, car personne dans la famille n'en avait entendu parler.


Sources :
[0] La mémoire extraordinaire du grand-père de mon épouse
[1] Google Maps, https://www.google.fr/maps/place/31027+Spresiano,+Tr%C3%A9vise,+Italie/@45.6124832,11.9485352,10z/data=!4m5!3m4!1s0x477938ca2acdffe1:0x4789754931a4d683!8m2!3d45.7801113!4d12.2595261
[2] Acte de Mariage de Mario SCHIEVEN et Alice LAFARGUE, Puygaillard-de-Quercy, 1927
[3] L'Echo d'Alger du 18/06/1936, Gallica, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7587553v/f6.image.r=schieven, A25 N9449, page 6

mardi 21 juin 2016

R comme... Résistance

Aujourd'hui, retour en Saône-et-Loire où j'ai découvert qu'une cousine éloignée de mon arrière-grand-père était morte en déportation pour avoir fait partie de la résistance pendant la 2ème guerre mondiale.


Il y a une dizaine d'années, lors d'un échange concernant mes recherches à Montmelard sur une liste Yahoogroupes, un correspondant à réagi à mon patronyme : il me demanda si j'étais de la famille de Jeanne VILLECOURT, épouse de Jean LABROSSE, résistante morte en déportation en 1944, et dont il venait de relever le nom sur les monuments aux morts de Montmelard et Beaubery.

Lors d'un passage à Montmelard, j'avais effectivement repéré une plaque au nom de LABROSSE sur le monument aux morts, mais je n'y avais pas prêté attention.

Montmelard, détail du monument aux morts, Geneanet [1]

A l'époque je n'en avais pas encore la certitude, mais il me semblait que tous les VILLECOURT de Montmelard descendaient de Benoit Marie, né en 1747 à Colombier-en-Brionnais. Ce n'est que quelques mois plus tard, avec la mise en ligne des archives départementales de Saône-et-Loire, que j'ai pu confirmer cette hypothèse en épluchant minutieusement les registres.

J'y ai ainsi trouvé la naissance d'une Jeanne VILLECOURT née le 7 février 1883, fille d'Antoine et de Marie DESGEORGES. Une mention marginale indiquait son mariage avec Jean LABROSSE à Ozolles le 26 janvier 1905. Ainsi cette Jeanne VILLECOURT était la sœur ainée d'André VILLECOURT mort pour la France le 4 août 1915 à Commercy, et dont le nom est inscrit sur le monument aux morts de Montmelard.

La mairie d'Ozolles m'ayant envoyé une photocopie de l'acte de mariage, j'ai ainsi appris que le futur marié était cultivateur à Montmelard alors que la future était cultivatrice avec son père à Ozolles, sa mère étant décédée quand elle était toute petite.

Mais ces informations d'état civil ne m'expliquaient pas ce qui avait conduit Jeanne en déportation.

En faisant des recherches sur la résistance en Saône-et-Loire, je suis arrivé sur le site de Frédérique LEON GUITTAT concernant le Maquis de Beaubery et le Bataillon du Charollais. Elle y expliquait l'histoire de la résistance dans ce secteur, en s'appuyant sur un livret souvenir qui avait été édité à la mémoire de ses membres "Le Maquis de Beaubery et le Bataillon du Charollais" [2]

J'ai fait l'acquisition de ce fascicule lors d'un passage en Saône-et-Loire, et j'y ai découvert ce qui était arrivé à Jean et Jeanne LABROSSE en même temps que leurs visages.




Voici les premières lignes de l'ouvrage qui remettent les faits dans leur contexte :

"Au printemps de 1943, l'Armée de l'Armistice avait été dissoute ; les S.T.O. envoyait de force les jeunes Français travailler pour la "Grande Allemagne" ; persécutions, exécutions, déportations se multipliaient, cependant que la bataille de l'Afrique du Nord était pour tous les patriotes le gage d'une prochaine libération.
Ce fut l'époque de la naissance de nombreux maquis. La Résistance préparait la campagne de libération et de revanche et prenait sa forme militaire. En Saône-et-Loire, un petit groupe, composé d'éléments du 5e Dragons qui tenait autrefois garnison à Mâcon et quelques hommes de la résistance, organisa à Beaubery le premier maquis du département.
Le village de Beaubery est dans la montagne, hors des grandes voies de communication, dans une région très boisée. Situé à proximité des centres industriels de Lyon, Saint-Etienne, Roanne, Charlieu, Montceau-les-Mines, du Creusot, le maquis de Beaubery offrait un refuge aux réfractaires de ces villes traqués par les Allemands.
Tactiquement aussi le maquis se trouvait à portée de plusieurs voies de communications importantes pour l'ennemi du canal du Centre et de l'ancienne ligne de démarcation."

L'ouvrage indique ensuite que le 11 novembre 1943, des événements tragiques se produisirent pour les maquisards. Ils avaient décidé d'aller déposer une gerbe au monument aux Morts de Montmelard. C'est le jour que choisi le commandement allemand pour tenter de détruire cette poche de résistance. 450 hommes furent envoyer de Mâcon vers Montmelard et ses environs, pour tenter d'éliminer les quelques 90 résistants.

La bataille dura jusqu'à la nuit. Les allemands se retirèrent alors vers Mâcon, incendiant plusieurs fermes sur leur passage et emmenant avec eux plusieurs otages dont Jean et Jeanne LABROSSE.

Si les autres otages furent libérés après deux mois de captivité au fort Montluc à Lyon, Jean et Jeanne LABROSSE ne revinrent pas. Ils furent déportés et moururent en camp de concentration : Jean le 22/08/1944 à Mauthausen (Autriche) [3] et Jeanne le 22/09/1944 à Ravensbruck(Allemagne) [4]. 

Sources :
[1] Geneanet, Tombes & Monuments, Montmelard, Monument aux Morts http://www.geneanet.org/gallery/?action=detail&rubrique=monuments&id=231535&desc=montmelard_monument_aux_morts
[2] Livret-souvenir « Le Maquis de Beaubery et le Bataillon du Charollais», http://www.effelle.fr/beaubery-charollais/page8.html
[3] Base des déportés 1939-1945, MemorialGenWeb, Fiche concernant Jean LABROSSE http://www.memorialgenweb.org/memorial3/deportes/complement.php?id=7210
[4] Base des déportés 1939-1945, MemorialGenWeb, Fiche concernant Jeanne VILLECOURT épouse LABROSSE, http://www.memorialgenweb.org/memorial3/deportes/complement.php?id=62085

lundi 20 juin 2016

Q comme... Questions sans réponse

Aujourd'hui, avec cette nouvelle lettre compliquée, je vais vous parler de ma frustration de généalogiste amateur à cause des questions sans réponse.



J'ai déjà évoqué plusieurs fois sur ce blog les blocages que j'ai rencontrés dans mes recherches et qui font que pour certaines branches, je n'arrive plus à remonter. Les éléments en ma possession m'ont permis d'émettre des hypothèses, mais je ne peux pas les valider faute de mettre la main sur les preuves nécessaires : les actes.


Je ne parle pas ici de certains ancêtres qui me donnent du fil à retordre pour déterminer où elles ont fini leurs jours, comme :

  • Joseph dit Hubert PRUDHOMME dont je n'ai pas encore trouvé le décès dans les environs de Nancy
  • Claudine MAMMESSIER dont je perds la trace après le décès de son époux Jacques COMTE à Colombier-en-Brionnais en 1862
  • ou Emile Eugène PREAUX dont l'adresse est inconnue lors de son divorce en 1926, et qui ne refit plus parler de lui ensuite

Je sais qu'un de ces jours je mettrai la main sur ces actes, toutes les pistes n'ayant pas encore été suivies.

Par contre, je coince depuis des années sur deux couples de mes ancêtres : 



Pour ces deux couples, j'accumule les points de blocage :
  • les lacunes dans les registres. Parfois ce sont des années complètes qui manquent et on se fait une raison, parfois ce ne sont que quelques pages...
    A Varennes-sous-Dun, il manque deux pages et elles correspondent parfaitement à la période où le mariage de Benoit et Marie a dû être célébré
  • le notaire du coin, chez qui le contrat de mariage a sans doute été passé, mais dont les minutes n'ont jamais été déposées aux archives départementales et qui sont désormais introuvables.
    C'est le cas des notaires de Gibles qui enregistraient en général les actes des habitants de Colombier
  • les registres de contrôle des actes qui ne sont pas disponibles aux archives départementales.
    C'est le cas d'une partie de ceux du bureau de La Clayette qui ont été partiellement jetés aux ordures par erreur il y a quelques décennies
  • les registres des notaires devenus non communicables mais qui ne sont pas numérisés.
    C'est le cas de deux notaires de Varennes pour la période qui m'intéresse.

Tout cela est très frustrant car ce sont souvent les dernières pistes pour prouver mes hypothèses, mais cela m'apprend la patience. Peut-être qu'un jour les registres manquants seront enfin déposés aux archives et que ceux qui sont abîmés seront restaurés.

Quoiqu'il en soit, il faut savoir admettre qu'on ne pourra pas toujours obtenir toutes les réponses. Notre arbre ne pourra pas croître indéfiniment, certaines branches resteront bloquées, mais il en reste d'autres à étudier !

samedi 18 juin 2016

P comme... le pommier de Denise

Petit jeu de mot pour évoquer aujourd'hui l'arbre généalogique de notre cousine Denise que beaucoup de personnes surnommaient Pomme.


L'arbre généalogique de Denise a la forme particulière de ceux qui ont plusieurs implexes dans leur ascendance : ses branches s'entrelacent, se séparent pour se réunir un peu plus haut.

Pour commencer, les parents de Denise, Lucien POGNÉE et Marguerite CHAILLET, étaient cousins. Cousins éloignés certes, mais cousins quand même.
En effet, la mère de Marguerite, Madeleine Clémentine AUBURTIN, était la cousine issu de germain de Lucien. Ils descendaient tous les deux de Jean Charles ANDRÉ et Barbe BOURGUIGNON mariés à Moivrons le 15 décembre 1815.



Mais ce n'est pas tout puisque Dominique POGNÉE et Marguerite Gorgone ANDRÉ, les grands-parents paternels de Lucien, étaient cousins germains, leurs grands-parents communs étant Jean François ANDRÉ et Anne HAUÜY mariés à Lixières le 7 novembre 1780.



Au final, voilà une représentation à main levée que j'avais faite pour Denise au début de mes recherches pour lui expliquer tout cela.



J'ai longtemps fouillé les registres paroissiaux et d'Etat civil afin de déterminer si Denise et nous n'avions pas de liens de sang, en ce plus du remariage et de l'adoption déjà connus, et de la parenté de cœur bien entendu. Vue la proximité géographique de nos familles autour de Champigneulles, Malleloy, Montenoy, Faulx, Moivrons... c'était quelque chose tout à fait possible.

Ainsi, j'ai vus des FOURNIER dans les collatéraux des ancêtres de Denise, des GODEFROY dans nos deux ascendances, et d'autres patronymes que je n'ai plus en tête. Mais finalement, je n'ai pas trouvé de lien entre nous.

Par contre, Denise était cousine avec Colette, Germaine et Lucie BRONNE, les cousines germaines de ma grand-mère Suzanne PRUDHOMME, par leur grand-mère paternelle Sidonie CABAILLOT.

Leur ancêtre commune est Barbe AUBURTIN. Denise descend d'elle par son fils naturel Antoine AUBURTIN né en 1822 à Rouves et les sœurs BRONNE par Françoise PIERREJEAN née en 1831 à Chenicourt, fille de Barbe AUBURTIN et de Dominique PIERREJEAN.