mardi 21 juin 2016

R comme... Résistance

Aujourd'hui, retour en Saône-et-Loire où j'ai découvert qu'une cousine éloignée de mon arrière-grand-père était morte en déportation pour avoir fait partie de la résistance pendant la 2ème guerre mondiale.


Il y a une dizaine d'années, lors d'un échange concernant mes recherches à Montmelard sur une liste Yahoogroupes, un correspondant à réagi à mon patronyme : il me demanda si j'étais de la famille de Jeanne VILLECOURT, épouse de Jean LABROSSE, résistante morte en déportation en 1944, et dont il venait de relever le nom sur les monuments aux morts de Montmelard et Beaubery.

Lors d'un passage à Montmelard, j'avais effectivement repéré une plaque au nom de LABROSSE sur le monument aux morts, mais je n'y avais pas prêté attention.

Montmelard, détail du monument aux morts, Geneanet [1]

A l'époque je n'en avais pas encore la certitude, mais il me semblait que tous les VILLECOURT de Montmelard descendaient de Benoit Marie, né en 1747 à Colombier-en-Brionnais. Ce n'est que quelques mois plus tard, avec la mise en ligne des archives départementales de Saône-et-Loire, que j'ai pu confirmer cette hypothèse en épluchant minutieusement les registres.

J'y ai ainsi trouvé la naissance d'une Jeanne VILLECOURT née le 7 février 1883, fille d'Antoine et de Marie DESGEORGES. Une mention marginale indiquait son mariage avec Jean LABROSSE à Ozolles le 26 janvier 1905. Ainsi cette Jeanne VILLECOURT était la sœur ainée d'André VILLECOURT mort pour la France le 4 août 1915 à Commercy, et dont le nom est inscrit sur le monument aux morts de Montmelard.

La mairie d'Ozolles m'ayant envoyé une photocopie de l'acte de mariage, j'ai ainsi appris que le futur marié était cultivateur à Montmelard alors que la future était cultivatrice avec son père à Ozolles, sa mère étant décédée quand elle était toute petite.

Mais ces informations d'état civil ne m'expliquaient pas ce qui avait conduit Jeanne en déportation.

En faisant des recherches sur la résistance en Saône-et-Loire, je suis arrivé sur le site de Frédérique LEON GUITTAT concernant le Maquis de Beaubery et le Bataillon du Charollais. Elle y expliquait l'histoire de la résistance dans ce secteur, en s'appuyant sur un livret souvenir qui avait été édité à la mémoire de ses membres "Le Maquis de Beaubery et le Bataillon du Charollais" [2]

J'ai fait l'acquisition de ce fascicule lors d'un passage en Saône-et-Loire, et j'y ai découvert ce qui était arrivé à Jean et Jeanne LABROSSE en même temps que leurs visages.




Voici les premières lignes de l'ouvrage qui remettent les faits dans leur contexte :

"Au printemps de 1943, l'Armée de l'Armistice avait été dissoute ; les S.T.O. envoyait de force les jeunes Français travailler pour la "Grande Allemagne" ; persécutions, exécutions, déportations se multipliaient, cependant que la bataille de l'Afrique du Nord était pour tous les patriotes le gage d'une prochaine libération.
Ce fut l'époque de la naissance de nombreux maquis. La Résistance préparait la campagne de libération et de revanche et prenait sa forme militaire. En Saône-et-Loire, un petit groupe, composé d'éléments du 5e Dragons qui tenait autrefois garnison à Mâcon et quelques hommes de la résistance, organisa à Beaubery le premier maquis du département.
Le village de Beaubery est dans la montagne, hors des grandes voies de communication, dans une région très boisée. Situé à proximité des centres industriels de Lyon, Saint-Etienne, Roanne, Charlieu, Montceau-les-Mines, du Creusot, le maquis de Beaubery offrait un refuge aux réfractaires de ces villes traqués par les Allemands.
Tactiquement aussi le maquis se trouvait à portée de plusieurs voies de communications importantes pour l'ennemi du canal du Centre et de l'ancienne ligne de démarcation."

L'ouvrage indique ensuite que le 11 novembre 1943, des événements tragiques se produisirent pour les maquisards. Ils avaient décidé d'aller déposer une gerbe au monument aux Morts de Montmelard. C'est le jour que choisi le commandement allemand pour tenter de détruire cette poche de résistance. 450 hommes furent envoyer de Mâcon vers Montmelard et ses environs, pour tenter d'éliminer les quelques 90 résistants.

La bataille dura jusqu'à la nuit. Les allemands se retirèrent alors vers Mâcon, incendiant plusieurs fermes sur leur passage et emmenant avec eux plusieurs otages dont Jean et Jeanne LABROSSE.

Si les autres otages furent libérés après deux mois de captivité au fort Montluc à Lyon, Jean et Jeanne LABROSSE ne revinrent pas. Ils furent déportés et moururent en camp de concentration : Jean le 22/08/1944 à Mauthausen (Autriche) [3] et Jeanne le 22/09/1944 à Ravensbruck(Allemagne) [4]. 

Sources :
[1] Geneanet, Tombes & Monuments, Montmelard, Monument aux Morts http://www.geneanet.org/gallery/?action=detail&rubrique=monuments&id=231535&desc=montmelard_monument_aux_morts
[2] Livret-souvenir « Le Maquis de Beaubery et le Bataillon du Charollais», http://www.effelle.fr/beaubery-charollais/page8.html
[3] Base des déportés 1939-1945, MemorialGenWeb, Fiche concernant Jean LABROSSE http://www.memorialgenweb.org/memorial3/deportes/complement.php?id=7210
[4] Base des déportés 1939-1945, MemorialGenWeb, Fiche concernant Jeanne VILLECOURT épouse LABROSSE, http://www.memorialgenweb.org/memorial3/deportes/complement.php?id=62085

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